Un joueur lâche son tir les deux pieds posés derrière la ligne à 3 points, en salle

Tir à 3 points au basket : la ligne à 6,75 m et le geste

Où passe vraiment la ligne à 6,75 m, pourquoi le corner est plus court sans qu'aucun texte le dise, et ce que l'article 15 change au 1er octobre 2026.

· 11 min

Un tir lâché depuis le rond central et qui rentre vaut trois points. Depuis votre propre ligne de fond aussi. Le règlement FIBA définit la zone à 3 points par soustraction : tout le terrain de jeu, sauf une bande dessinée autour du panier adverse. Et au 1er octobre 2026, la définition du tir lui-même change, en visant les tirs de loin en premier.

Qu’est-ce qu’un tir à 3 points au basket ?

Un tir à 3 points est un tir lâché depuis la zone située au-delà de la ligne courbe qui entoure le panier adverse. S’il entre, il vaut 3 points au lieu de 2. En FIBA, cette ligne décrit un demi-cercle de 6,75 m de rayon extérieur autour de la projection au sol du panier.

Le Règlement officiel de basketball 2024 pose la chose à l’envers de ce qu’on imagine. La zone à 3 points d’une équipe, c’est tout le terrain de jeu, sauf une bande près du panier adverse délimitée par deux lignes parallèles tracées à 0,90 m des lignes de touche et par le demi-cercle de 6,75 m (article 2.5). Le rond central, votre propre raquette, la ligne de fond d’en face : zone à 3 points. Un ballon lâché de vingt mètres et qui rentre en vaut trois, au même titre qu’un tir de corner.

Une phrase du même article règle le litige le plus fréquent des salles de quartier : « La ligne à trois points ne fait pas partie de la zone de panier à 3 points. » Un appui posé dessus, même du bout de la semelle, ramène le tir à deux points. La ligne appartient au camp du dedans.

Reste à savoir quand le ballon est entré. L’article 16 place le seuil plus bas qu’on ne le voit depuis le bord du terrain : le panier est acquis dès que la plus petite partie du volume du ballon se trouve à l’intérieur du panier et sous le niveau de l’anneau. Le doute sur la valeur, lui, se règle à l’image. L’annexe F autorise les arbitres à arrêter le jeu, à n’importe quel moment de la rencontre, pour vérifier si un tir réussi a été relâché depuis la zone à 2 ou à 3 points. Le même dispositif sert à décider si une faute sur un tir manqué ouvre droit à 2 ou à 3 lancers-francs.

Au basketball, que doit-on faire pour marquer 3 points ?

  1. Prendre ses appuis entièrement au-delà de la ligne, sans la toucher.
  2. Lâcher le ballon depuis cette zone, pieds au sol ou en l’air.
  3. Le faire entrer par le haut du panier adverse.
  4. Le laisser dedans, ou le faire passer entièrement à travers.
  5. Retomber où l’on veut : seul le point de départ est jugé.

Ces cinq points valent sous règlement FIBA. La NBA arrive au même endroit par un chemin beaucoup plus bavard. Sa règle 5 énumère trois conditions : le tireur doit avoir au moins un pied au sol à l’extérieur de la ligne avant sa tentative, il ne doit toucher le sol ni sur la ligne ni en deçà, et il lui est permis de toucher la ligne ou de retomber dans la zone à 2 points une fois le ballon parti. Le texte américain décrit des pieds. Le texte FIBA décrit une zone, en exclut la ligne, et laisse l’arbitre en tirer les conséquences pour les pieds.

Le cinquième point est celui qui surprend les joueurs venus du playground. Retomber les deux pieds dans la raquette après avoir lâché de loin ne coûte rien. L’inverse coûte cher : un pas d’appel qui empiète d’un centimètre, et le panier vaut deux points sans que personne ne discute.

La faute, elle, change d’échelle avec la distance. L’article 34 accorde 3 lancers-francs quand un tir manqué avait été lâché depuis la zone à 3 points, contre 2 depuis la zone à 2 points. Réussi, le panier compte et un lancer-franc s’ajoute. Trois lancers-francs, c’est le maximum que le règlement accorde après un tir manqué, et seule la zone à 3 points y donne accès. Un défenseur bien entraîné recule d’un pas au moment du lâcher au lieu de sauter dedans : trois lancers-francs coûtent plus cher qu’un tir contesté à moitié.

Ligne 3 points basket : quelle distance, en FIBA et en NBA ?

6,75 m en FIBA, mesurés au bord extérieur du demi-cercle depuis la projection au sol du centre exact du panier (article 2.5). 7,24 m en NBA, soit 23 pieds 9 pouces mesurés depuis le milieu du panier (règle 1, section I). Près d’un demi-mètre d’écart, et deux façons de mesurer qui ne se recouvrent pas.

FIBA, règlement 2024NBA, règles 2025-2026
Sommet de l’arc6,75 m, rayon extérieur23 pieds 9 pouces, soit 7,24 m
Point de mesureprojection au sol du centre exact du panier, à 1,575 m du milieu de la ligne de fondle milieu du panier, sans autre précision
Lignes du cornerà 0,90 m des lignes de toucheà 3 pieds, soit 0,91 m, des lignes de touche
Distance du cornerabsente du texteabsente du texte
Pied posé sur la lignela ligne est hors de la zone à 3 pointsinterdit de toucher le sol sur la ligne avant le lâcher

Aucun des deux règlements ne donne la distance du corner. Les deux donnent l’écart entre la ligne du corner et la ligne de touche, ce qui n’est pas la même mesure. Le reste se déduit. Terrain large de 15 m, pris au bord intérieur des lignes (article 2.1), panier centré sur l’axe puisque sa projection tombe à 1,575 m du milieu de la ligne de fond : la ligne du corner passe donc à 7,50 moins 0,90, soit 6,60 m de cette verticale. Le tir de corner le plus court mesure environ 6,60 m, une quinzaine de centimètres de moins qu’au sommet de l’arc.

Le mot environ tient à une lacune du texte. Le règlement ne dit pas si les 90 cm se comptent au bord intérieur, au centre ou au bord extérieur d’un trait large de 5 cm (article 2.5), et l’écart se répercute sur le résultat. Même raisonnement côté NBA : trois pieds depuis la ligne de touche, largeur de terrain de 50 pieds portée par le schéma de la règle 1, donc 22 pieds, soit 6,71 m. La valeur circule partout comme si elle était écrite noir sur blanc. Elle ne l’est pas.

Reste une conséquence pratique qu’on ne lit nulle part. Derrière la ligne du corner, il vous reste 90 cm avant la ligne de touche, largeur de vos appuis comprise. Vous prenez le tir le plus court du terrain à l’endroit exact où il y a le moins de place pour reculer. Le détail des tracés et des écarts entre fédérations tient dans les dimensions comparées du terrain FIBA et NBA.

Tir 3 points basket : comment gagner de la distance ?

En arrêtant de la chercher dans le bras. Un tir de loin se rate d’abord parce que les jambes n’ont plus rien à donner au moment du lâcher, et le bras compense en poussant. Reculez par paliers courts, revenez d’un pas dès que le ballon arrive court ou que la seconde main se remet à intervenir.

Tout ce qui suit suppose que le geste tient déjà à cinq mètres. Sinon, reculer ne fait qu’installer un défaut plus loin du panier, où il devient plus difficile à voir : la mécanique du shoot passe avant, et elle se travaille près.

Le seul repère qui ne demande aucun chiffre inventé, c’est la ligne elle-même. Placez-vous juste derrière, tirez, et regardez deux choses : le ballon touche-t-il le fond du filet, et vos épaules restent-elles au-dessus de vos appuis au moment du lâcher. Dès que les épaules partent en avant, vous avez dépassé votre distance du jour. Elle bouge d’un mois à l’autre, et parfois d’une fin de séance à la suivante.

Les appuis à la réception coûtent cher derrière la ligne, et ils ne se voient pas sur une vidéo prise de face. Un joueur qui reçoit le ballon en s’arrêtant fixe son pied de pivot, et un pied de pivot mal choisi l’oblige à rentrer d’un pas pour se réaligner. Le tir devient légal, il vaut deux points. Les trois façons de s’arrêter et leurs conséquences sont détaillées dans le jeu de jambes et le pied de pivot.

Dernier écart avec la salle vide : un tir à 3 points en match part rarement d’un arrêt tranquille. Il sort d’un écran, d’une remise, d’un changement de rythme qui a écarté le défenseur. Travailler la distance sans jamais travailler l’entrée dans le tir produit des shooteurs qui rentrent tout à l’échauffement. Ce qui crée cet espace ballon en main relève des dribbles avancés et du crossover.

Les chiffres du tir à 3 points qui circulent sans source

Angle de relâche optimal, arc à 45 degrés, taux de réussite de référence, nombre de tirs par séance : aucun de ces chiffres ne sort d’un règlement, et les pages qui les publient ne disent jamais d’où ils viennent. Vous ne les trouverez pas ici. Il reste largement de quoi travailler avec les valeurs qui, elles, sont écrites quelque part.

L’anneau, par exemple. Il se pose à 3 050 mm du sol, mesure prise à son bord supérieur, et le texte tolère 6 mm d’écart au maximum. Il doit aussi rester centré par rapport aux deux bords verticaux du panneau. La valeur vient de l’annexe Équipement de basketball, édition 2024, article 1.2.4. Un panier de quartier mal réglé fausse tout le travail de distance qu’on croit faire, et il se vérifie avec un mètre ruban en trois minutes.

Le tracé au sol se contrôle de la même façon. Prenez le milieu de la ligne de fond, avancez de 1,575 m, plantez le zéro du décamètre, et déroulez 6,75 m vers l’extérieur : vous devez tomber sur le bord extérieur du tracé. Sur beaucoup de terrains extérieurs repeints à la main, vous ne tomberez pas dessus.

Cette page a longtemps affiché un simulateur d’entraînement qui produisait des séries, des temps de récupération et des objectifs de réussite à partir d’un taux saisi à la main. Il ne s’appuyait sur rien de publié. Il a été retiré. À sa place, une seule statistique, la vôtre : le nombre de tentatives et de réussites depuis un poste fixe, relevé le même jour de la semaine, dans les mêmes chaussures. Aucune autorité ne la valide. Elle a au moins le mérite de porter sur vous plutôt que sur une moyenne inventée.

Tir de loin : ce qui change au 1er octobre 2026

Trois choses. L’action de tir en suspension commence désormais au mouvement des épaules et du ballon, non plus du ballon seul. Le tracé à 3 points sépare maintenant le tir en suspension de la pénétration. Et un tir pris depuis sa zone arrière ne compte plus comme une action de tir, sauf en fin de chronomètre.

La FIBA ne cache pas ce qu’elle vise. Le motif du changement dit que « les joueurs manipulent de plus en plus les situations afin de provoquer des fautes sur tir, que ce soit en transition ou en attaque placée ». Le tireur qui lève le ballon d’un geste sec pour attraper le bras d’un défenseur trop près relève exactement de cette description.

Le nouvel article 15 sépare les tirs en trois familles, et le tir de loin tombe dans celle des tirs en suspension. Pour cette famille, le texte français fixe le départ ainsi : « Commence lorsque le joueur entame le mouvement des épaules et du ballon vers le haut, en direction du panier adverse. » Un ballon levé pendant que le buste reste en arrière ou de travers n’entre plus dans la définition. L’article ouvre ensuite trois portes de sortie, une fois la faute subie : une passe, un ballon qui monte en s’écartant de la cible, un tireur qui ne la regarde pas pendant que le ballon monte.

Le critère de place, lui, passe inaperçu partout, alors qu’il concerne d’abord les tireurs de loin. La nouvelle rédaction définit le mouvement continu sur pénétration comme l’action d’un joueur situé dans sa zone avant, « débutant typiquement entre la ligne à 3 points offensive et le panier ». Les deux régimes se répartissent donc de part et d’autre du tracé. Le texte de 2024 distinguait déjà l’action de tir ordinaire de celle des pénétrations et des tirs en mouvement, mais il ne s’appuyait sur aucun repère tracé au sol. Derrière la ligne, on relève du tir en suspension et le critère des épaules s’applique ; devant elle, de la pénétration, où c’est la prise du ballon qui ouvre l’action.

Le troisième point vise directement les tirs de très loin. Pour être en action de tir, il faut se trouver dans sa zone avant. L’exception tient en deux lignes : avant l’expiration du chronomètre de jeu en fin de quart-temps ou de prolongation, et avant l’expiration des 24 secondes à tout moment du match. Le lancer depuis son propre camp en cours de possession ne donne donc plus de lancers-francs si un adversaire l’accroche.

Une dernière remarque, parce que la confusion est déjà en circulation. L’article 2.5 change lui aussi au 1er octobre 2026, mais sur la couleur des lignes et non sur leur position. Le demi-cercle reste à 6,75 m.

Photo de Rédaction Basket93
Rédaction Basket93 Seine-Saint-Denis

On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.

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