Qu’est-ce que le marcher au basket ?
Le marcher est une violation du basket-ball : le joueur qui tient le ballon déplace un pied ou les deux au-delà de ce que l’article 25 du règlement FIBA autorise. Le ballon revient à l’adversaire, qui le remet en jeu à l’endroit le plus proche de l’infraction.
La définition officielle tient en une phrase. Version française FFBB du Règlement officiel de basketball 2024 : « Le marcher est le déplacement illégal d’un ou des deux pieds en dehors des limites définies dans cet article, alors que le joueur tient un ballon vivant sur le terrain de jeu. » Deux conditions, donc, et les deux doivent être réunies. Ballon tenu, et pieds hors des clous.
L’article 25.1.2 définit dans la foulée son contraire, le mouvement autorisé : « Le pivot est le mouvement légal d’un joueur qui tient un ballon vivant sur le terrain et qui déplace le même pied une ou plusieurs fois dans n’importe quelle direction alors que l’autre pied, appelé pied de pivot, est maintenu à son point de contact avec le terrain de jeu. »
La sanction ne figure pas dans l’article 25. Elle est posée une fois pour toutes en tête de la règle cinq, à l’article 23 : le ballon va à l’adversaire pour une remise en jeu depuis l’endroit le plus proche de l’infraction, jamais directement derrière le panneau. Pas de lancer franc, pas de faute au compteur du joueur. Un marcher ne coûte que le ballon.
Ce qui frappe, quand on ouvre le texte, c’est sa brièveté. Une page et demie sur 111. Tout ce dont les terrains discutent le samedi après-midi y est déjà écrit, et la plupart des pages françaises sur le sujet n’en citent pas une ligne.
Combien de pas a-t-on droit au basket ?
Deux. L’article 25.2.1 accorde deux pas au joueur qui attrape le ballon en mouvement ou termine son dribble, pour s’arrêter, passer ou tirer. Le décompte démarre à la prise de contrôle : un pied déjà posé à cet instant ne consomme rien, ce qui autorise un troisième contact au sol.
Le texte est direct. Saisir la balle en pleine course, ou couper son dribble, ouvre exactement le même droit : « il peut faire 2 pas pour s’arrêter, passer le ballon ou tirer ». Puis il précise d’où l’on compte. « Le premier pas est fait quand un ou deux pieds touche(nt) le terrain de jeu après que le joueur a pris le contrôle du ballon. » Le second suit, « quand, après le premier pas, l’autre pied touche le terrain de jeu ou les deux pieds touchent le terrain de jeu simultanément ». Un adverbe de temps porte donc tout le décompte, et les résumés le font sauter.
Cet appui antérieur, celui qui touchait déjà le parquet quand la balle est arrivée dans les mains, tout le monde l’appelle le pas zéro. Le règlement, lui, ne le nomme pas. L’expression n’apparaît aucune fois dans les 111 pages de la version FFBB 2024, ni dans les 131 pages des Interprétations officielles d’octobre 2024. Elle vient des entraîneurs et des commentateurs, qui avaient besoin d’un mot pour désigner un appui que le texte se contente de ne pas compter. Le geste où il se voit le mieux reste le double-pas vers le cercle, et l’usage qu’on en fait pour s’arrêter est traité dans le jeu de jambes et l’établissement du pied de pivot.
Avant la prise de contrôle, la question ne se pose pas du tout. L’article 24.1.2, celui du dribble, coupe court : « Il n’y a pas de limite quant au nombre de pas qu’un joueur peut faire quand le ballon n’est pas en contact avec sa main. » C’est la phrase qui explique le basket moderne. Tant que le ballon rebondit, courez. Le compteur ne démarre qu’à l’instant où la main se referme.
Une dernière précision du même article, souvent sautée : après avoir reçu le ballon, un joueur doit lâcher le ballon pour commencer son dribble avant de faire son deuxième pas. Un pas puis un dribble, oui. Deux pas puis un dribble, non.
Tous les cas de marcher prévus par l’article 25
L’article 25.2.1 énumère les situations une par une, sans commentaire ni exemple. Voici les sept qui reviennent en match, avec le passage du règlement qui tranche chacune.
| Ce que fait le joueur | Verdict | Le passage qui tranche |
|---|---|---|
| Ballon reçu à l’arrêt, il lève un pied puis l’autre sans rien lâcher | Marcher | « Dès qu’un pied est levé l’autre pied devient le pied de pivot » |
| Il lève son pied de pivot, puis fait rebondir le ballon pour partir | Marcher | « le pied de pivot ne peut pas être levé avant que le ballon ait quitté la ou les main(s) » |
| Il saute pour passer et lâche le ballon avant de retomber | Légal | « aucun pied ne peut retourner sur le terrain de jeu avant que le ballon ait quitté la ou les main(s) » |
| Arrêté sur ses deux pieds, il saute pour tirer et retombe ballon en main | Marcher | « S’il saute alors avec les deux pieds, aucun ne peut retourner sur le terrain de jeu avant que le ballon n’ait été lâché » |
| Arrêt sur un appui puis réception sur les deux pieds, il pivote ensuite | Marcher | « Dans cette situation, le joueur ne peut pivoter sur aucun pied » |
| Après son dribble, il touche le sol deux fois de suite du même pied | Marcher | « Un joueur ne peut pas toucher le terrain de jeu consécutivement avec le même pied » |
| Il tombe avec le ballon et glisse sur sa lancée | Légal | article 25.2.2, traité plus bas |
L’avant-dernière ligne mérite un arrêt, parce qu’elle décrit un geste que personne ne croit interdit. Les Interprétations officielles de la FIBA, version française FFBB d’octobre 2024, la nomment cloche pied et l’illustrent au cas 25-5. Fin du dribble, ballon bloqué à deux mains. Impulsion sur la jambe droite, réception sur cette même jambe droite, appui gauche, tir. Violation. Le nombre d’appuis ne joue aucun rôle dans cette décision : ce qui pèche, c’est leur enchaînement.
Cette interdiction ne vient pas d’une interprétation, contrairement à ce qu’on lit ailleurs. Elle figure noir sur blanc dans le règlement lui-même, dernier alinéa de l’article 25.2.1. Les Interprétations ne font que l’illustrer.
Reste la confusion la plus fréquente sur un terrain, et elle oppose deux violations distinctes. Le marcher et la reprise de dribble naissent du même instant, celui où le ballon s’immobilise dans la main, et la règle du double dribble mérite d’être lue en parallèle de celle-ci.
Tomber au sol avec le ballon, est-ce un marcher ?
Non. L’article 25.2.2 autorise le joueur à tomber avec le ballon, à glisser sur sa lancée, et à prendre le contrôle du ballon alors qu’il est déjà allongé ou assis. La violation commence à l’instant où il roule sur lui-même ou cherche à se relever ballon en main.
Le texte français dit exactement ceci : « Il est légal pour un joueur qui tient le ballon de tomber au sol ou de prendre le contrôle du ballon alors qu’il est allongé ou assis sur le sol. » Et aussitôt après : « C’est une violation si ensuite le joueur roule ou essaie de se relever alors qu’il tient le ballon. »
Les Interprétations d’octobre 2024 déroulent la frontière du cas 25-1 au cas 25-3. Un joueur perd l’équilibre et tombe : légal. Il glisse ensuite sur le parquet, emporté par son élan : légal aussi, le texte le précise. Il passe le ballon depuis le sol : légal. Il commence un dribble en restant allongé : légal. Il se relève en dribblant : légal encore. Il se relève en tenant le ballon : marcher.
Le critère est donc l’inverse de celui que l’intuition suggère. La chute reste hors de cause : le règlement regarde ce qui vient après. Rouler pour échapper à un défenseur revient à se déplacer avec le ballon sans dribbler, et le règlement l’assimile aux pas illégaux d’un joueur debout. Se relever aussi, pour la même raison.
Cette partie de l’article 25 est celle que les pages françaises abandonnent le plus volontiers. Elle forme pourtant l’un des quatre paragraphes numérotés de l’article, et elle produit chaque week-end des coups de sifflet que les joueurs ne comprennent pas. Un ballon récupéré par terre dans une mêlée n’oblige à rien, sinon à passer ou à dribbler avant de se lever.
Marcher NBA : la règle est-elle différente ?
Non. La NBA accorde les mêmes deux pas que la FIBA. Sa règle 10, section XIII, les donne au joueur qui rassemble le ballon en mouvement, et compte le premier pas au premier contact du pied avec le sol après la prise de contrôle. Le troisième appui visible s’appelle le gather.
Le rulebook américain énonce que le joueur qui rassemble le ballon en progression peut faire deux pas pour s’arrêter, passer ou tirer, ou bien un seul pas s’il n’a pas encore dribblé. Puis il définit le moment du rassemblement, ce fameux gather : l’instant où le joueur a assez de contrôle sur le ballon pour le tenir, en changer de main, le passer, le tirer ou le caler contre son corps. Le mot est différent, la mécanique est celle du pas zéro.
Beaucoup de pages françaises écrivent que la NBA autorise trois pas quand la FIBA en accorde deux. La lecture des deux textes ne soutient pas cette affirmation. Les deux comptent deux pas, et les deux ouvrent le compteur après la prise de contrôle. Ce qui diffère se joue ailleurs, dans l’application : un match NBA se siffle à une vitesse et avec des enjeux de spectacle qui déplacent le curseur, sans que la phrase de référence ait bougé. La NBA a d’ailleurs inscrit la définition du gather dans son rulebook le 20 septembre 2019, un terme que ses arbitres employaient depuis des années sans qu’il figure nulle part, et elle a présenté l’opération comme un rattrapage entre la règle écrite et la façon dont elle se sifflait.
La différence de rédaction vaut quand même d’être connue. La NBA prévoit explicitement le cas du joueur qui n’a pas encore dribblé et ne dispose alors que d’un pas, là où la FIBA passe par une obligation de lâcher le ballon avant le second appui. Deux formulations pour une même limite. Le reste des écarts entre les deux règlements est détaillé dans la comparaison des règles NBA et FIBA.
Ce que l’édition 2026 change au marcher
Rien. J’ai comparé les articles 25 des éditions 2024 et 2026 du Règlement officiel de basketball, en anglais, texte de référence en cas de divergence. Les deux versions sont identiques mot pour mot, de la définition du marcher au dernier alinéa sur le joueur au sol.
Le résumé des changements publié par la FIBA en juillet 2026, applicable au 1er octobre, liste les articles retouchés : 1, 2, 4, 15, 24, 36, 37 et 38, plus les annexes A, B, D et F. L’article 25 n’y est pas. L’article 24 y figure, ce qui peut inquiéter, mais la modification porte sur le seul article 24.2, celui de la reprise de dribble. La phrase sur l’absence de limite au nombre de pas se trouve à l’article 24.1.2, et elle survit intacte dans le texte de 2026.
Un détail de traduction mérite d’être signalé, parce qu’il touche la phrase la plus citée de tout l’article. L’anglais définit le marcher comme le déplacement illégal d’un pied ou des deux au-delà des limites de l’article, dans n’importe quelle direction, pendant que le joueur tient un ballon vivant. La version française FFBB laisse tomber la précision de direction. Elle ne change rien au fond, un pas illégal vers l’arrière restant illégal, mais elle rappelle une consigne que la fédération imprime elle-même en tête de ses documents : en cas de divergence, c’est le texte anglais qui fait foi.
Une conséquence pratique pour qui veut vérifier par lui-même. Les numéros d’articles bougent d’une édition à l’autre, et les pages qui recopient un numéro trouvé ailleurs finissent par citer une édition morte. Le marcher est resté l’article 25 en 2024 comme en 2026, mais rien ne garantit qu’il le restera. Notez toujours le millésime avec le numéro.
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