Un meneur immobilise le ballon à deux mains devant un défenseur, dribble terminé

Double dribble, la règle et les trois exceptions

L'article 24.2 de la FIBA mot pour mot, les trois situations où reprendre son dribble reste autorisé, et les points où la NBA sanctionne autrement.

· 8 min

Qu’est-ce que le double dribble ?

Le double dribble est une violation du basket-ball. Elle est sifflée quand un joueur, après avoir arrêté son dribble en immobilisant le ballon dans une main ou dans les deux, se remet à dribbler. Le ballon revient à l’adversaire. Le règlement FIBA l’interdit à l’article 24.2 et la signale sous le nom de « reprise de dribble ».

Deux gestes mettent fin à un dribble, et un seul suffit. Le joueur touche le ballon simultanément avec ses deux mains. Ou il le laisse reposer dans une main, voire dans les deux. La formulation exacte figure à l’article 24.1 des Règles officielles du basketball 2024, dans la traduction française de la FFBB : « Un dribble prend fin lorsque le joueur touche simultanément le ballon avec les deux mains ou qu’il le laisse reposer dans une ou les deux mains. »

Le critère, c’est donc l’immobilisation du ballon. Beaucoup de pages françaises écrivent qu’il faut dribbler des deux mains en même temps pour être sanctionné. Le texte ne dit pas ça. Un ballon qui s’arrête un dixième de seconde au creux de la paume a terminé son dribble, même si la main est unique. À l’inverse, taper le ballon de main à main en l’air ne l’arrête pas.

L’expression « double dribble » ne figure nulle part dans le règlement français : sur les 111 pages de la version FFBB 2024, elle apparaît zéro fois. C’est un report de l’anglais, installé dans la bouche des joueurs. Les arbitres, eux, travaillent avec deux intitulés distincts, reprise de dribble et porter de balle.

Comment éviter le double dribble

La règle se comprend en trois minutes. Le geste, lui, se corrige à l’entraînement, parce que la reprise de dribble ne vient presque jamais d’une ignorance du règlement. Elle vient d’une hésitation.

Quatre situations produisent la quasi-totalité des coups de sifflet en match :

  1. Le porteur attaque, se fait fermer la ligne, ramasse le ballon à deux mains et cherche une passe. Personne n’est démarqué. Il repose le ballon au sol pour ressortir. C’est le cas le plus fréquent, et le plus coûteux, parce qu’il arrive près du panier.
  2. Le changement de main se fait trop haut ou trop lentement sur un crossover sous pression. La seconde main vient assurer le ballon, les deux le touchent en même temps. Un dixième de seconde suffit.
  3. Sur un dribble d’hésitation, la paume se retourne, le ballon s’assoit dedans, le dribble repart. C’est le porter de balle, interdit par la même phrase de l’article 24.1.
  4. À la sortie d’un écran, le joueur récupère le ballon en course, marque un temps d’arrêt pour lire la défense, puis redribble.

La correction tient en une habitude : décider avant de ramasser. Tant que le ballon touche le sol, toutes les options restent ouvertes. Une fois qu’il est dans les mains, il n’en reste que deux, la passe ou le tir. Les joueurs qui ne se font jamais siffler sont ceux qui gardent le ballon bas et qui lèvent la tête pendant le dribble, pas après. Les exercices de dribble en aveugle, main faible comprise, servent exactement à ça. Le détail du geste est dans les bases du dribble.

Les trois cas où l’on peut redribbler

L’article 24.2 autorise un second dribble, à condition que le joueur ait perdu le contrôle du ballon entre les deux. Le texte français en donne trois causes, et trois seulement :

  • Le joueur a tiré au panier. Le ballon revient sur le cercle, il le récupère, il repart en dribble. La FIBA n’exige pas que le ballon touche quoi que ce soit. Un air ball récupéré par le tireur lui-même rouvre donc le droit au dribble, ce qui surprend beaucoup de monde.
  • Un adversaire a touché le ballon. Une déviation défensive rend le droit au dribble, même à un joueur qui avait arrêté le sien.
  • Une passe ou une perte accidentelle du ballon a touché un autre joueur, ou a été touchée par lui. La FIBA appelle cette perte un « fumble » et la définit au même article 24.1 : le joueur perd le ballon maladroitement, puis en reprend le contrôle sur le terrain.

Ce même article 24.1 liste sept actions qui ne sont pas des dribbles du tout. Deux servent en match. Lancer le ballon contre le panneau et le récupérer n’est pas un dribble, donc le geste reste légal même après un dribble terminé. Un fumble au début ou à la fin d’un dribble n’en est pas un non plus, ce qui protège le joueur qui rate sa première mise au sol.

Une limite à connaître : le tir doit être un tir. Un joueur qui lance mollement le ballon vers le panier pour se rendre le droit de dribbler s’en remet à l’appréciation de l’arbitre, et elle ne lui est pas toujours favorable.

Ce que dit la FIBA, et ce que la NBA fait autrement

Les deux règlements interdisent la même chose et la sanctionnent différemment. Les écarts se voient en regardant un match.

Sur un tir raté, la FIBA rend le droit au dribble dès que le joueur a tenté sa chance au panier (art. 24), quand la NBA exige que le ballon ait touché le cercle ou le panneau (Rule 10, Section II). Le même geste rouvre donc le dribble chez la FIBA et le ferme en NBA.

FIBA (art. 24, règles 2024)NBA (Rule 10, Section II)
Fin du dribbledeux causes : deux mains simultanées, ou ballon au reposhuit causes, dont le tir, la passe, la perte de contrôle et le « gather »
Tir raté récupérétout tir au panier suffitle ballon doit toucher le panneau ou le cercle
Passe ou fumbledoit être touché par un autre joueurou toucher le panneau ou le cercle
Remise en jeuà l’endroit le plus proche de l’infraction (art. 22.2)sur la ligne de touche la plus proche, jamais plus près de la ligne de fond que le prolongement de la ligne des lancers-francs

Le « gather » de la colonne NBA n’a pas d’équivalent chez la FIBA. La ligue américaine définit à part, Rule 4 Section III, l’instant où un joueur prend possession du ballon, et cette définition ferme le dribble. La FIBA s’en tient au ballon qui s’immobilise. Sur un même geste, les deux règlements ne coupent pas la seconde de jeu au même endroit, ce qui explique pas mal de discussions entre spectateurs habitués à l’une ou à l’autre.

Sur le porter de balle, en revanche, les deux textes disent la même phrase. La NBA écrit, Rule 10 Section II alinéa d, qu’un dribbleur ne peut placer aucune partie de sa main sous le ballon pour le transporter d’un point à un autre ou le mettre en pause avant de reprendre. La FIBA écrit exactement cela à l’article 24.1. Les textes sont d’accord, c’est l’application qui varie d’une ligue à l’autre.

Dernier élément, daté : la FIBA a réécrit l’article 24.2 dans son édition 2026, applicable au 1er octobre 2026. Le fond ne bouge pas, les trois causes restent. La fédération justifie la réécriture par la suppression des incohérences d’interprétation possibles sur les situations de double dribble. Autrement dit, le texte de 2024 se lisait de plusieurs manières. Ceux qui arbitrent le savaient déjà. Pour comparer les deux règlements sur l’ensemble du jeu, voir les différences entre règles NBA et FIBA.

Reprise de dribble, porter de balle, marcher : ce que l’arbitre distingue

L’annexe A des règles FIBA fixe les signaux, et elle sépare nettement trois infractions que les joueurs mélangent. Le marcher se signale par une rotation des poings. La reprise de dribble, par un battement alternatif des deux mains, de haut en bas. Le porter de balle, par une demi-rotation de la paume. Sans avoir vu le geste, un joueur sanctionné ne sait pas laquelle des trois lui coûte le ballon.

Le vocabulaire compte aussi sur la sanction. Une reprise de dribble est une violation. Elle n’ouvre aucun lancer-franc, elle ne compte pas dans le total de fautes d’équipe, elle ne rapproche personne du bonus. Le ballon change de camp, l’article 22.2 précise où, et le jeu repart. La différence avec les fautes est développée dans les fautes au basket.

Le marcher, lui, se confond avec la reprise de dribble pour une raison mécanique : les deux naissent du même instant, celui où le ballon s’immobilise. Après cet instant, les appuis sont comptés et le dribble est mort. Pris en défaut, le porteur entend donc parfois l’un, parfois l’autre, selon ce que l’arbitre a regardé en premier, le ballon ou les pieds. Le détail des appuis est traité dans la règle du marcher.

Dernier constat, et il vaut ce qu’il vaut : des trois, le porter de balle est de loin le moins sanctionné. La reprise de dribble se voit, le ballon est reparti au sol devant tout le monde. Le porter tient à quelques centimètres de paume et à une fraction de seconde d’immobilisation. Au niveau club, il passe presque toujours. Que la FIBA ait jugé utile de clarifier l’article 24.2 en 2026 dit assez que la frontière n’était pas nette pour tout le monde.

Photo de Rédaction Basket93
Rédaction Basket93 Seine-Saint-Denis

On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.

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