Un arbitre de basket se tourne vers la table de marque pendant un match en salle, le chronomètre des 24 secondes allumé au-dessus du panneau

Règles NBA et FIBA, les écarts qui changent le jeu

Le tableau des divergences entre les deux règlements, article par article, ce que la FIBA change au 1er octobre 2026, et quatre idées reçues qui tombent.

· 14 min

Deux textes, deux façons de compter. Le règlement de la FIBA s’applique à l’EuroBasket, à l’EuroLeague et au championnat départemental du dimanche matin ; la NBA écrit le sien et ne le soumet à personne. Les comparatifs en français recopient à peu près tous les mêmes cinq lignes, et l’une d’elles est fausse depuis avril 2001.

Quelles sont les différences entre les règles NBA et FIBA ?

Un match dure 4 × 10 minutes en FIBA contre 4 × 12 minutes en NBA. Un joueur sort à la cinquième faute d’un côté, à la sixième de l’autre. La ligne à 3 points passe de 6,75 m à 7,24 m. Les 3 secondes défensives n’existent qu’en NBA, la règle des 5 secondes sur porteur qu’en FIBA.

Le tableau ci-dessous met en regard les deux textes en vigueur au 1er août 2026 : le règlement officiel de la FIBA de 2024, dans la traduction de la FFBB, et le rulebook NBA de la saison 2025-2026.

Point de règleFIBA (règlement 2024)NBA (rulebook 2025-2026)
Durée du match4 × 10 min (art. 8.1)4 × 12 min (règle 5, section II)
Intervalle entre quart-temps2 min (art. 8.3)2 min 30, et 3 min 30 si le match est diffusé sur une chaîne nationale (règle 5, section II)
Prolongation5 min, précédée de 2 min (art. 8.3 et 8.7)5 min, précédée de 2 min 30 (règle 5, sections II et IV)
Début d’une prolongationremise en jeu à la flèche de possession alternée (art. 9.2 et 12.6.3)entre-deux au cercle central (règle 6, sections I et V)
Ballon tenuflèche de possession alternée (art. 12.6.1)entre-deux au cercle le plus proche (règle 6, section VI)
Temps morts2 en première mi-temps, 3 en seconde, 1 par prolongation (art. 18.2.5)7 sur le temps réglementaire, 2 par prolongation (règle 5, section VI)
Ligne à 3 pointsarc de 6,75 m de rayon extérieur, lignes parallèles à 0,90 m des lignes de touche (art. 2.5.4)arc de 23 pieds 9 pouces, soit 7,24 m, lignes parallèles à 3 pieds des lignes de touche (règle 1, section I)
3 secondes défensivesn’existe pas : l’art. 26 ne vise que l’équipe qui contrôle le ballonrègle 10, section VII, sanctionnée par une faute technique
Joueur étroitement marqué5 secondes à moins d’un mètre (art. 27)pas d’équivalent ; 5 secondes en dribble dos au panier sous la ligne des lancers francs prolongée (règle 10, section XVI)
Marcher2 pas après la prise de contrôle du ballon (art. 25.2.1)2 pas après la prise de contrôle du ballon (règle 10, section XIII)
Fautes personnelles avant sortie5 (art. 40)6 (règle 3, section I)
Fautes d’équipe, temps réglementairelancers francs à partir de la 5e du quart-temps (art. 41)lancers francs à partir de la 5e de la période (règle 12B, section V)
Fautes d’équipe en prolongationle compteur du quatrième quart-temps continue (art. 41.1)quota neuf de 3 fautes par prolongation (règle 12B, section V)
Ballon posé ou roulant sur l’anneaujouable par tous dès qu’il touche l’anneau (art. 31.2.3)interdit d’y toucher (règle 11, section I)

Deux précisions sur les distances, parce qu’elles se recopient mal. La FIBA mesure son arc de 6,75 m jusqu’au bord extérieur du tracé, depuis le point de sol situé à l’aplomb du centre du panier ; la NBA mesure 23 pieds 9 pouces depuis le milieu du cercle. Même point de départ, donc, mais deux systèmes d’unités. Dans les coins, la comparaison se renverse presque : les lignes parallèles courent à 0,90 m des touches en FIBA et à 3 pieds, soit 0,914 m, en NBA, si bien que le tir de coin se prend à 6,60 m d’un côté et à 6,71 m de l’autre. Onze centimètres d’écart, contre quarante-neuf au sommet de l’arc. Le reste du tracé, raquette comprise, figure dans les dimensions officielles d’un terrain FIBA et NBA.

Ces quatorze lignes portent sur le jeu, pas sur les institutions. Qui écrit le règlement, qui organise quelle compétition et qui paie combien : c’est un autre sujet, traité dans la comparaison de la NBA, de l’EuroLeague et de la FIBA.

Combien de temps dure un match en NBA et en FIBA ?

40 minutes en FIBA, en quatre quart-temps de 10 minutes (art. 8.1). 48 minutes en NBA, en quatre périodes de 12 minutes (règle 5, section II). La prolongation fait 5 minutes des deux côtés. Les huit minutes d’écart changent le nombre de possessions, donc toute comparaison de moyennes de points entre les deux ligues.

Les intervalles, eux, ne se ressemblent pas non plus, et personne ne les compte. La FIBA impose 2 minutes entre le premier et le deuxième quart-temps, entre le troisième et le quatrième, et avant chaque prolongation (art. 8.3). La NBA en accorde 2 min 30, et 3 min 30 entre les quarts-temps quand la rencontre passe sur une chaîne nationale, pour laisser la place aux écrans publicitaires. Le texte le dit explicitement, à la section II de sa règle 5.

La reprise après le buzzer sépare vraiment les deux règlements. En NBA, chaque prolongation commence par un entre-deux au cercle central, comme le début du match. En FIBA, non : le ballon va à l’équipe vers laquelle pointe la flèche de possession alternée, et la remise en jeu se fait depuis le prolongement de la ligne médiane, du côté opposé à la table de marque (art. 12.6.3). Il n’y a d’entre-deux qu’au tout début de la rencontre.

Cette flèche n’existe tout simplement pas outre-Atlantique. L’expression alternating possession ne figure nulle part dans le rulebook NBA : chaque ballon tenu, chaque sortie douteuse, chaque double violation se règle par un entre-deux au cercle le plus proche, entre les deux joueurs concernés (règle 6, section VI). Un arbitre européen ne lance donc le ballon en l’air qu’une fois par rencontre, au coup d’envoi. Son homologue américain recommence à chaque prolongation et à chaque ballon tenu.

Reste les temps morts, sur lesquels beaucoup de pages annoncent six contre cinq. Le compte exact est autre. La FIBA accorde 2 temps morts en première mi-temps, 3 en seconde dont 2 au maximum une fois passé le cap des deux minutes restantes au quatrième quart-temps, et 1 par prolongation (art. 18.2.5). La NBA en accorde 7 sur le temps réglementaire, dont 4 au maximum dans le quatrième quart-temps, plus 2 par prolongation. Ils durent 1 minute en FIBA ; en NBA, 1 min 15, ou 2 min 45 et 3 min 15 pour les deux arrêts obligatoires de chaque période. Et seul l’entraîneur principal ou son premier assistant peut en demander un en FIBA, sur ballon mort, quand un joueur de la NBA peut le réclamer lui-même tant que son équipe tient le ballon.

Les 3 secondes défensives existent-elles en FIBA ?

Non. L’article 26 du règlement FIBA ne vise que les attaquants : il interdit de rester plus de 3 secondes dans la raquette adverse tant que son équipe contrôle le ballon en zone avant. Un défenseur peut donc y camper aussi longtemps qu’il veut. La NBA, elle, l’interdit depuis 2001 (règle 10, section VII).

La traduction FFBB est sans ambiguïté sur la portée de l’article : l’interdiction ne joue que « alors que son équipe a le contrôle d’un ballon vivant dans sa zone avant » (art. 26.1.1). Toute la charge repose sur l’attaque. La sanction américaine, elle, mérite d’être lue de près, parce qu’elle ne ressemble à aucune autre violation. Un défenseur qui reste plus de trois secondes dans la raquette sans marquer activement un attaquant, c’est-à-dire sans rester à portée de bras de lui et en position de défense, déclenche une faute technique d’équipe. L’attaque tire un lancer franc et garde le ballon, remis en jeu sur la touche à hauteur de la ligne des lancers francs prolongée. Le chronomètre des tirs reste où il était, ou repart à 14 secondes si le compte était descendu plus bas. Un panier réussi pendant la violation annule le coup de sifflet.

Voilà pour la règle. Reste l’idée reçue qu’elle traîne derrière elle depuis un quart de siècle, et qu’on lit encore sur la moitié des comparatifs francophones : la NBA interdirait la défense de zone, la FIBA l’autoriserait. C’est faux. Le 12 avril 2001, le bureau des gouverneurs de la NBA a supprimé les directives sur la défense illégale et légalisé la zone à compter de la saison 2001-2002, en instituant les 3 secondes défensives comme contrepoids. Le rulebook 2025-2026 ne contient plus une seule occurrence des expressions zone defense et illegal defense. La zone est légale des deux côtés de l’Atlantique depuis vingt-cinq ans.

Le sens de l’écart s’inverse d’ailleurs sur le porteur du ballon. La FIBA sanctionne le joueur étroitement marqué : celui qui tient un ballon vivant avec un adversaire « en position de défense légale et active, à une distance inférieure à 1 mètre » dispose de 5 secondes pour se défaire du ballon, par une passe, un tir ou un dribble (art. 27). Rien de tel en NBA, où l’on peut garder le ballon face à un défenseur collé aussi longtemps que le chronomètre des tirs le permet. La ligue américaine a bien sa propre règle des 5 secondes, mais elle vise autre chose : un attaquant ne peut pas dribbler dos ou de profil au panier plus de cinq secondes sous la ligne des lancers francs prolongée (règle 10, section XVI). C’est une règle anti-pivot, pas une règle de pression défensive.

Combien de fautes avant l’exclusion en NBA et en FIBA ?

Cinq en FIBA, six en NBA. Un joueur qui commet sa cinquième faute quitte le terrain immédiatement selon l’article 40 du règlement FIBA ; la règle 3, section I du rulebook NBA fixe la sortie à la sixième faute personnelle. Les fautes techniques, elles, n’alimentent ce compteur que d’un seul côté.

Ce point-là mérite d’être développé, parce qu’il change la gestion d’un banc. En FIBA, une faute technique est imputée au joueur comme n’importe quelle faute et compte dans les cinq (art. 36.3.1). Un intérieur peut donc finir sa soirée sur une phrase de trop, sans avoir commis sa cinquième faute de contact. La NBA sépare les deux registres, la règle 12A pour les techniques et la règle 12B pour les personnelles, et seule la sixième faute personnelle renvoie au vestiaire. En revanche, deux techniques pour comportement antisportif valent expulsion immédiate, sans lancer de compteur (règle 12A, section V).

Sur les fautes d’équipe, une affirmation circule partout et ne résiste pas à la lecture des deux textes. On lit que la NBA passe en situation de sanction dès la quatrième faute, la FIBA à la cinquième, ou l’inverse selon les pages. Les deux règlements disent la même chose : quatre fautes d’équipe sans pénalité par période, et à partir de la cinquième, deux lancers francs pour l’adversaire. L’article 41 côté FIBA, la section V de la règle 12B côté NBA. L’écart de vocabulaire vient de la formulation : le texte américain plafonne le nombre de fautes sans pénalité, le texte français décrit l’entrée en situation de sanction. Deux façons de dire quatre.

Deux vraies divergences se cachent derrière cette fausse. La première tient en une phrase de la règle 12B : une équipe qui n’a pas épuisé son quota de quatre fautes pendant les dix premières minutes d’une période a droit à une faute gratuite dans les deux dernières minutes, et une seule. Autrement dit, dans cette fenêtre finale, la deuxième faute d’équipe envoie l’adversaire sur la ligne, même s’il ne s’agit que de la deuxième du quart-temps. La FIBA ne connaît pas ce mécanisme : chez elle, la cinquième est la cinquième, à la première comme à la dernière minute.

La seconde tombe au pire moment possible, en prolongation. La NBA ouvre un compteur neuf, réduit à trois fautes, pour chaque période supplémentaire. La FIBA, elle, rattache toutes les fautes d’équipe des prolongations au quatrième quart-temps (art. 41.1). Qui a franchi le seuil avant le buzzer le traîne jusqu’au bout : deux lancers francs concédés au premier contact illégal de la première prolongation, et de toutes celles qui suivent. Le décompte complet, faute par faute, se trouve dans le détail des fautes personnelles et techniques.

Fait-on trois pas en NBA et deux en FIBA ?

Non. Les deux textes accordent deux pas et se lisent presque mot pour mot. L’article 25.2.1 de la FIBA autorise le joueur qui attrape le ballon en mouvement ou termine un dribble à « faire 2 pas pour s’arrêter, passer le ballon ou tirer ». Le rulebook NBA dit la même chose, section XIII de sa règle 10.

La comparaison tient jusque dans le détail technique qui trompe l’œil. Les deux textes définissent le premier pas comme le moment où un pied, ou les deux, touche le sol après que le joueur a pris le contrôle du ballon. Ce moment de prise de contrôle, que la NBA nomme le gather et auquel elle consacre une section entière de sa règle 4, ne compte pas comme un pas. Un joueur qui saisit le ballon en l’air pose donc un appui de réception, puis ses deux pas. Vu du canapé, cela fait trois contacts au sol. Vu du règlement, deux pas.

Les deux fédérations vont même jusqu’à interdire le même geste dans les mêmes termes : au terme d’un dribble ou après avoir gagné le contrôle du ballon, un joueur ne peut pas toucher le sol deux fois de suite avec le même pied. La FIBA le formule à l’article 25.2.1, la NBA au point h de sa section XIII, où elle ajoute le mot hop entre parenthèses.

Ce qui diffère n’est donc pas le texte, c’est ce que les arbitres laissent passer. Sur ce point, aucun chiffre honnête n’existe : ni la FIBA ni la NBA ne publient de statistique de marchers sifflés par match, et les comptages qui circulent viennent de recensements privés dont la méthode n’est pas publiée. Je m’en tiens donc au texte, et le texte est le même. Les cas concrets, pied de pivot et eurostep compris, sont détaillés dans la définition du marcher au basket.

Une nouveauté FIBA vient d’ailleurs trancher un débat voisin. L’article 15 réécrit pour 2026 précise noir sur blanc qu’« il n’existe aucun rapport entre le nombre de pas légaux effectués et l’action de tir ». Un joueur peut donc être en action de tir dès la prise du ballon, indépendamment du nombre d’appuis qui suivent.

Ce que le règlement FIBA 2026 change au 1er octobre

Le 1er octobre 2026, la FIBA supprime la faute antisportive et la remplace par deux fautes distinctes : la faute disruptive, à l’article 37, et la faute flagrante, à l’article 38. Le terme officiel français est « faute disruptive (faute d’interruption du jeu) ». Les fautes techniques se divisent en catégories 1 et 2. La NBA, elle, ne change rien.

Le motif est écrit dans la brochure publiée par la FIBA en juillet 2026 : l’ancienne règle de disqualification, qui renvoyait un joueur au vestiaire après deux fautes techniques, deux fautes antisportives ou une de chaque, « apparaît trop sévère ». La faute disruptive vise l’arrêt de jeu tactique, un contact inutile pour couper une transition ou stopper le chronomètre en fin de quart-temps. Elle ne compte plus pour la disqualification. La faute flagrante vise l’acte imprudent, violent ou dangereux, et deux d’entre elles suffisent à faire sortir un joueur.

Trois autres articles bougent, et deux d’entre eux touchent au jeu. L’article 15 redéfinit l’action de tir, en la découpant selon le type de tir et en excluant du dispositif tout tir pris depuis la zone arrière, sauf en fin de quart-temps ou de chronomètre. L’article 24 reformule la reprise de dribble. L’article 2.5 autorise des couleurs de lignes différentes sur le terrain, pour laisser passer l’habillage des événements. Rien d’autre ne change : la brochure de juillet 2026 ne liste que les articles 1, 2, 4, 15, 24, 36, 37 et 38, plus quatre annexes.

Un piège attend en revanche quiconque citera des numéros d’articles cet automne. L’insertion des articles 37 et 38 décale tout ce qui suit d’un rang. Les cinq fautes personnelles passent de l’article 40 à l’article 41, les fautes d’équipe de l’article 41 à l’article 42. Les règles, elles, sont identiques au mot près. Les articles 25, 26 et 27, ceux du marcher, des 3 secondes et du joueur étroitement marqué, gardent leur numéro.

Conséquence pratique pour un spectateur français : le tableau du haut de page ne bouge que d’un côté. En Betclic Élite, en EuroLeague et à l’EuroBasket, un joueur pourra encore commettre deux fautes disruptives sans être disqualifié, puisque ces compétitions se jouent sous règles FIBA. En NBA, rien ne bouge : la faute flagrante et ses deux degrés de pénalité restent définis à la section IV de la règle 12B.

Photo de Rédaction Basket93
Rédaction Basket93 Seine-Saint-Denis

On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.

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