Le chronomètre des tirs affiche 24 secondes au-dessus du panneau pendant qu'un meneur remonte le ballon

Le chrono des 24 secondes au basket, et les quatre autres

Les sept règles de temps du règlement FIBA, articles cités : les 24 secondes, la remise à 14 et sa condition, les 8, les 5, les 3, et ce que la NBA ajoute.

· 11 min

Deux horloges seulement s’affichent au-dessus du panneau. Le règlement, lui, fait tourner sept règles de temps qui ne portent que cinq nombres, et la plupart ne s’écrivent nulle part : l’arbitre compte à la main. Les articles cités plus bas sortent tous de la même source, le Règlement officiel de basketball 2024, version française de la FFBB, applicable dans les championnats français depuis le 21 septembre 2024. Le rulebook NBA n’intervient qu’aux endroits où les deux textes s’écartent.

Le chrono des 24 secondes au basket

Une équipe a 24 secondes pour tenter un tir dès qu’un de ses joueurs prend le contrôle d’un ballon vivant sur le terrain (art. 29.1.1). Deux conditions font qu’un tir compte dans le délai : le ballon doit quitter la ou les mains avant le signal, puis toucher l’anneau ou entrer dans le panier.

La seconde condition décide de plus de fins de possession que la première. Un tir lâché à temps mais qui ne touche rien laisse la violation debout. L’article 29.1.2 pose une seule échappatoire, que les résumés français sautent : si les adversaires prennent immédiatement et clairement le contrôle du ballon, le signal est négligé et le jeu continue. L’arbitre n’interrompt donc pas une possession que la défense vient déjà de récupérer.

Le même article règle un point d’équipement qui compte en salle bruyante. Quand le panneau porte un bandeau lumineux jaune sur son bord supérieur, cet éclairage prime sur le signal sonore. Un tir parti pendant l’allumage du bandeau est en retard, que la sirène ait été entendue ou non.

Chaque quart-temps et chaque prolongation repartent de 24 secondes dès qu’un joueur contrôle le ballon, en zone avant comme en zone arrière (art. 29.2.1). Aucune disposition particulière ne vise les périodes supplémentaires, ce que recoupe le détail de ce qui se passe en cas d’égalité au score.

Voici les sept règles, chacune avec son article.

Le décompteCe qu’il imposeArticle
24 secondestenter un tir qui touche l’anneau ou entre29.1.1
14 secondesvaleur de redémarrage du chronomètre des tirs29.2
8 secondesamener le ballon dans sa zone avant28.1.1
5 secondeslâcher le ballon sur une remise en jeu17.3.1
5 secondespasser, tirer ou dribbler quand on est étroitement marqué27
5 secondeslâcher le ballon sur un lancer franc43.2.3
3 secondesne pas stationner dans la zone restrictive adverse26.1.1

Quand le chronomètre des tirs repart à 14 secondes

Le chronomètre redémarre à 14 secondes, et non à 24, quand la même équipe conserve le ballon et que la remise en jeu se fait dans sa zone avant. Après un rebond offensif, cette remise à 14 dépend d’une condition que presque personne n’écrit : il faut que le ballon ait touché l’anneau (art. 29.2.7).

L’article ne prononce d’ailleurs jamais le mot rebond. Il dit qu’après contact du ballon avec l’anneau adverse, le chronomètre revient à 24 secondes si les adversaires prennent le contrôle, à 14 si c’est la même équipe qui le reprend. Un tir manqué qui n’a rien touché ne déclenche donc rien du tout : l’attaque récupère son ballon avec le temps qui restait, parfois deux secondes. Beaucoup de fins de match se jouent là.

Deuxième source de 14 secondes, la faute ou la violation d’une défense pendant que l’attaque est en zone avant. Le texte français est ici fautif et vaut d’être cité tel quel : « Si 13 secondes ou moins sont affichées sur le chronomètre des tirs, le chronomètre des tirs être remis à 14 secondes. » Il manque un « doit ». La version anglaise, qui fait foi, écrit shall be reset to 14 seconds. L’oubli vient de la traduction, pas de la règle.

Le cas le plus contre-intuitif tient à l’article 29.2.5. Dans les deux dernières minutes du quatrième quart-temps ou d’une prolongation, l’équipe qui bénéficie d’une remise en jeu dans sa zone arrière et qui pose un temps-mort peut choisir de repartir depuis la ligne de remise en jeu, en zone avant. Si la remise fait suite à une sortie de ballon, la logique s’inverse : à 13 secondes ou moins le chronomètre continue, à 14 secondes ou plus il est ramené à 14. Gagner du terrain se paie alors en temps d’attaque.

Dernier cas, souvent mal rapporté : une faute technique commise par l’équipe qui contrôle le ballon ne réinitialise rien. Le chronomètre reprend là où il s’était arrêté (art. 29.2.4).

La règle des 8 secondes au basket

Une équipe qui gagne le contrôle d’un ballon vivant dans sa zone arrière « doit amener le ballon dans sa zone avant dans le délai de 8 secondes » (art. 28.1.1). Le compte s’arrête quand les deux pieds du dribbleur et le ballon touchent entièrement la zone avant, ou quand un attaquant y touche le ballon les deux pieds posés.

L’article 28.1.2 énumère cinq façons d’y parvenir, et l’une d’elles surprend même les joueurs expérimentés. Le ballon est considéré comme amené en zone avant dès qu’un défenseur le touche légalement en ayant une partie du corps dans sa propre zone arrière. Une déviation adverse peut donc mettre fin au décompte à la place de l’attaque, sans qu’aucun attaquant ait franchi la ligne médiane.

L’alinéa suivant est celui que les pages françaises recopient à l’envers. Après un ballon sorti des limites, une blessure dans son camp, une faute technique de son équipe, un entre-deux, une double faute ou l’annulation de sanctions identiques, le compte ne repart pas de huit : « La même période de 8 secondes doit continuer à partir du temps qui restait » (art. 28.1.3). Une équipe qui sort le ballon à la sixième seconde reprend avec deux secondes devant elle.

La NBA fait l’inverse et l’écrit noir sur blanc. Sa règle 10, section VIII, accorde huit nouvelles secondes si la défense frappe le ballon du pied ou du poing, si elle prend une faute personnelle ou technique, ou si elle reçoit un avertissement pour retard de jeu. Durée identique des deux côtés de l’Atlantique, traitement des interruptions opposé.

Ces huit secondes sont la seule contrainte qui pousse une équipe à relancer plutôt qu’à remonter le ballon en dribble, et c’est à ce titre qu’elles reviennent dans les types de passe et les balles perdues.

La règle des 5 secondes au basket

Trois règles distinctes portent ce chiffre. Le joueur qui remet en jeu doit lâcher le ballon en moins de 5 secondes (art. 17.3.1). Le tireur de lancer franc a le même délai, compté dès que l’arbitre lui remet le ballon (art. 43.2.3). Et le joueur étroitement marqué doit passer, tirer ou dribbler dans les 5 secondes (art. 27).

Seule la troisième se déclenche pendant que l’action se déroule, et c’est aussi la seule des trois à ne pas exister en NBA. Deux conditions doivent tenir en même temps : l’adversaire se trouve à moins d’un mètre, et sa défense est légale et active. L’adjectif compte autant que la distance. Un défenseur immobile, qui ne conteste ni le ballon ni la ligne de passe, ne fait courir aucun compte. Ce qui rend une position défensive légale relève de l’article 33 et se lit dans la position défensive au sens du règlement.

Les deux autres tiennent à des détails de procédure. Sur une remise en jeu, le même article 17.3 interdit au passeur de se déplacer latéralement de plus d’un mètre au total avant de lâcher le ballon, tout en l’autorisant à reculer aussi loin que la salle le permet. Il interdit aussi aux autres joueurs de se tenir à moins d’un mètre de lui quand l’espace entre la ligne de touche et le premier obstacle mesure moins de deux mètres, situation banale dans les gymnases de club. Sur un lancer franc, le compte ne démarre pas au coup de sifflet mais à la remise du ballon par l’arbitre.

La NBA connaît bien les 5 secondes de remise en jeu (règle 10, section III), mais ignore le marquage serré. En échange, elle sanctionne ce que la FIBA laisse passer : un attaquant qui dribble dos ou de profil au panier, dans la moitié basse de sa zone avant, sous la ligne des lancers francs prolongée, pendant plus de cinq secondes (règle 10, section XVI). Même chiffre, deux joueurs opposés, deux intentions opposées.

La règle des 3 secondes au basket

L’article 26.1.1 est explicite : « Un joueur ne peut pas rester plus de 3 secondes consécutives dans la zone restrictive adverse alors que son équipe a le contrôle d’un ballon vivant dans sa zone avant et que le chronomètre de jeu est en marche. » La règle ne vise donc qu’un attaquant. Il n’existe pas de 3 secondes défensives en FIBA.

L’article accorde ensuite trois tolérances, qui expliquent la plupart des coups de sifflet qu’on attend en vain. Le joueur qui tente de sortir de la raquette bénéficie du doute. Celui qui s’y trouve pendant que lui ou un coéquipier est en action de tir aussi, tant que le ballon quitte les mains. Enfin, celui qui dribble dans la zone pour aller tirer, après y être resté moins de trois secondes, ne commet aucune violation.

Reste la condition de sortie, à l’alinéa 26.1.3, qu’aucune page française ne relaie : pour être considéré en dehors de la zone restrictive, il faut avoir les deux pieds au sol à l’extérieur. Un pivot qui garde un talon dans la raquette ne remet pas le compteur à zéro. Il continue de compter.

Les 3 secondes défensives appartiennent à la NBA seule. Sa règle 10, section VII, oblige tout défenseur placé dans le couloir de 16 pieds, ou dans la zone qui le prolonge de 4 pieds derrière la ligne de fond, à marquer activement un adversaire dans les trois secondes. Marquer activement y est défini : se tenir à une longueur de bras d’un attaquant, en position de défense. La sanction prend la forme d’une faute technique : l’attaque conserve le ballon sur la ligne de touche au prolongement de la ligne des lancers francs, et le chronomètre des tirs garde son temps ou revient à 14 secondes, la valeur la plus élevée l’emportant. Les 3 secondes offensives américaines diffèrent elles aussi de l’article 26 : leur zone déborde de 4 pieds hors du terrain, derrière la ligne de fond.

Conséquence pratique en championnat français : rien n’oblige un intérieur à sortir de la raquette tant qu’il défend, et les zones compactes en vivent. Les autres divergences entre les deux règlements sont rassemblées dans la comparaison des règles NBA et FIBA.

Ce que l’édition 2026 change à ces chronos

Rien. Le résumé officiel des modifications applicables au 1er octobre 2026 porte sur les articles 1, 2, 4, 15, 24, 36, 37 et 38, plus les annexes A, B, D et F. Aucun article de chronomètre n’y figure, et la lecture du texte 2026 lui-même le confirme : les 24, 14, 8, 5 et 3 secondes sont reconduites mot pour mot.

La numérotation ne bouge pas davantage, vérification faite article par article. Les 3 secondes restent au 26, le joueur étroitement marqué au 27, les 8 secondes au 28, le chronomètre des tirs au 29. La précision a son utilité, puisque la disparition de la faute antisportive décale d’un rang les articles situés après le 38.

Une phrase de l’article 29 change quand même, par ricochet. L’alinéa 29.2.6, qui prévoit une remise à 14 secondes après une faute antisportive ou disqualifiante, parle désormais de faute disruptive, flagrante ou disqualifiante. Le mécanisme reste identique, seul le vocabulaire suit la nouvelle classification.

Le plus court des seuils du règlement ferme les fins de match et mérite un mot. L’article 16.2.5 exige trois dixièmes de seconde pour qu’un joueur puisse prendre le contrôle du ballon et tenter un panier ; à deux ou un dixième, seules une claquette et un smash restent valables. La traduction française rétrécit ce seuil au seul chronomètre de jeu, là où l’anglais écrit the game clock or the shot clock. Le règlement FFBB rappelle lui-même que le texte anglais fait foi en cas de divergence : les deux chronomètres sont donc concernés.

Ce que je n’écris pas, faute de source. On lit ailleurs des pourcentages de possessions terminées au buzzer, des durées moyennes d’attaque, des seuils de sept secondes prêtés à tel entraîneur. Aucune de ces valeurs ne renvoie à un document consultable, aucune ne figure dans un règlement. Les seuls chiffres de cette page sortent des textes cités : 24, 14, 8, 5, 3 et 0,3 secondes, 1 mètre, 16 et 4 pieds.

Photo de Rédaction Basket93
Rédaction Basket93 Seine-Saint-Denis

On écrit sur le basket depuis la Seine-Saint-Denis, l'un des départements les plus denses de France en clubs et en licenciés. Ce qu'on explique, on l'a d'abord vérifié.

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